Sondage présidentielle 2027 : qui mène la course à l’Élysée ?

Trois ans avant le scrutin, la présidentielle 2027 s’annonce plus ouverte que jamais. Bardella en tête dans plusieurs hypothèses, Philippe et Mélenchon au coude-à-coude, Glucksmann qui grignote des points côté gauche : les sondages dressent un tableau brouillé, sans favori incontestable. Et c’est précisément ce qui rend cette séquence politique passionnante à suivre.

Les instituts Odoxa, Ifop, Elabe, Ipsos, Harris Interactive ou Cluster17 multiplient les mesures d’intentions de vote. Résultats parfois convergents, parfois contradictoires selon les hypothèses testées. Voici ce que les chiffres racontent vraiment — et ce qu’il faut éviter d’en conclure trop vite.

L’état des lieux : qui caracole en tête des sondages ?

Jordan Bardella, favori fragile du 1er tour

Jordan Bardella s’impose comme le candidat le mieux placé au 1er tour dans la quasi-totalité des sondages récents. Odoxa le crédite régulièrement de 26 à 28 % des intentions de vote, un niveau qui rappelle les scores de Marine Le Pen en 2022. Cette solidité tient à une base électorale fidèle au Rassemblement national, mais aussi à l’absence, pour l’instant, d’un adversaire capable de fédérer le centre et la droite autour d’un seul nom.

La vraie question n’est pas de savoir si Bardella arrive en tête au 1er tour. C’est de savoir contre qui il irait au second — et si ce duel lui serait favorable.

Édouard Philippe, challenger central

Édouard Philippe tourne autour de 15 à 18 % selon les hypothèses testées par les instituts. Son ancrage territorial (maire du Havre, présidence d’Horizons) lui donne une crédibilité d’exécutif que beaucoup de challengers n’ont pas. Dans un duel Philippe–Bardella au second tour, la plupart des sondages Elabe et Ifop donnent Philippe vainqueur — mais avec des marges qui se resserrent depuis fin 2024.

Philippe reste néanmoins tributaire d’un espace politique encombré : Gabriel Attal joue sur le même terrain, et les deux hommes se cannibalisent dans les intentions de vote du camp macroniste.

💡 Notre conseil

Ne comparez jamais deux sondages présidentiels sans vérifier l’hypothèse testée. Un sondage qui intègre Philippe dans la liste donne des résultats très différents d’un sondage qui teste Attal à sa place. Ce détail change tout.

Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann : les outsiders qui montent

Gabriel Attal oscille entre 10 et 14 % selon Odoxa et Harris Interactive. Ancien Premier ministre le plus jeune de la Ve République, il capitalise sur une image réformatrice — mais peine à sortir de l’ombre d’Édouard Philippe dans les sondages où les deux candidats apparaissent simultanément.

Côté gauche, Raphaël Glucksmann fait figure de recours. Les mesures Cluster17 et Ipsos le créditent de 8 à 12 % au 1er tour, soit un niveau supérieur à ce qu’obtenaient les candidats PS ces dix dernières années. Sa performance aux européennes de 2024 (13,8 % pour la liste PS-Place Publique) a clairement rebattu les cartes à gauche.

13,8 %

Score de Raphaël Glucksmann aux européennes 2024 — son tremplin vers la présidentielle

🎯 Jean-Luc Mélenchon : toujours là, mais sous surveillance

Jean-Luc Mélenchon tourne autour de 10 à 13 % selon les sondages Odoxa les plus récents. C’est moins que ses 21,95 % du 1er tour 2022, mais suffisant pour peser sur la recomposition de la gauche. Sa présence dans les hypothèses de vote contraint Glucksmann à exister sur un espace disputé.

Les instituts testent régulièrement deux scénarios distincts : l’un avec Mélenchon candidat, l’autre sans lui (avec un candidat LFI de substitution). L’écart entre les deux configurations atteint parfois 3 à 4 points pour Glucksmann — preuve que la division de la gauche reste le principal obstacle à un 2e tour de gauche.

⚠️ À garder en tête

Les sondages à 3 ans du scrutin mesurent des notoriétés politiques plus que de vraies intentions de vote. En 2016, Emmanuel Macron n’apparaissait dans aucune hypothèse présidentielle. Traiter ces chiffres comme des prévisions serait une erreur.

Ce que disent les instituts : comparatif des méthodes

Tous les instituts ne mesurent pas la même chose. Voici les principales différences à connaître :

  • Odoxa (avec BFM TV) publie des baromètres mensuels sur les intentions de vote — c’est l’un des outils les plus réguliers sur la présidentielle 2027.
  • Ifop (Journal du Dimanche) teste souvent des hypothèses de second tour avec des configurations précises (Philippe vs Bardella, Attal vs Bardella…).
  • Elabe (BFMTV/L’Express) et Harris Interactive publient des sondages sur la popularité des leaders politiques, qui influencent les lectures des intentions de vote.
  • Ipsos et Cluster17 se distinguent par des approches plus qualitatives : profils d’électorats, motivations de vote, perception des candidats.
Institut Fréquence Point fort
Odoxa Mensuelle Suivi longitudinal des intentions
Ifop Hebdomadaire Hypothèses de second tour
Elabe Bi-mensuelle Popularité et image des leaders
Cluster17 Ponctuelle Socio-démographie fine
Ipsos Ponctuelle Motivations de vote

Les scénarios de second tour les plus testés

Les hypothèses de second tour révèlent les vrais rapports de force. Quatre configurations reviennent systématiquement dans les sondages :

  • Bardella vs Philippe : Philippe gagne dans la majorité des projections, mais l’écart fond. Fin 2024, Odoxa donnait Philippe à +12 points ; certaines mesures récentes ramènent cet écart à 6-7 points.
  • Bardella vs Attal : Attal résiste, mais moins bien que Philippe. Ecart moyen : 4 à 8 points selon les instituts.
  • Bardella vs Glucksmann : scénario encore peu testé, mais Raphaël Glucksmann ferait face à un report de voix de droite vers Bardella qui rendrait l’issue incertaine.
  • Bardella vs Mélenchon : hypothèse minoritaire, mais systématiquement défavorable à Mélenchon dans les projections actuelles.

✅ À retenir

Dans toutes les hypothèses de second tour actuellement testées, Bardella arrive au 2e tour. Le vrai débat porte sur qui sera face à lui — et la réponse dépend en grande partie de ce qui se passera entre Attal, Philippe et Glucksmann d’ici à 2027.

Comment lire un sondage présidentiel sans se faire avoir

Un sondage d’intentions de vote à 3 ans du scrutin, c’est un peu comme une météo à 90 jours : utile pour détecter une tendance, inutile pour prévoir une journée précise. Quelques règles de lecture s’imposent.

1
Vérifier l’hypothèse testée
La liste des candidats présentés aux sondés change tout. Philippe seul, ou Philippe + Attal ? Mélenchon ou un autre candidat LFI ?
2
Regarder la marge d’erreur
Sur un échantillon de 1 000 personnes, la marge est de ±3 points. Un écart de 2 points entre deux candidats n’est pas statistiquement significatif.
3
Suivre les tendances, pas les instantanés
Un sondage isolé ne dit rien. C’est l’évolution sur 6 à 12 mois qui révèle une dynamique réelle — hausse de Glucksmann, érosion de Philippe, stabilité de Bardella.

Pour suivre l’agrégation de tous ces sondages en temps réel, consultez notre tableau de bord présidentielle 2027 mis à jour chaque semaine.

Questions fréquentes

Qui est en tête des sondages pour la présidentielle 2027 ?

Jordan Bardella arrive en tête au 1er tour dans la quasi-totalité des sondages récents, crédité de 26 à 28 % des intentions de vote selon Odoxa. Édouard Philippe et Gabriel Attal se situent entre 10 et 18 % selon les hypothèses testées, tandis que Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon se disputent le leadership à gauche autour de 10-13 %.

Quelle différence entre un sondage Odoxa et un sondage Ifop sur la présidentielle ?

Odoxa publie un baromètre mensuel axé sur le suivi longitudinal des intentions de vote au 1er tour. Ifop se distingue par des sondages plus fréquents (hebdomadaires) qui testent surtout des hypothèses de second tour (ex. Bardella vs Philippe). Les deux instituts utilisent des méthodes de quota similaires, mais les hypothèses testées diffèrent, ce qui explique des écarts de résultats ponctuels.

Raphaël Glucksmann peut-il gagner la présidentielle 2027 ?

Les sondages actuels placent Raphaël Glucksmann entre 8 et 12 % au 1er tour, ce qui ne suffit pas encore pour atteindre le second tour. Sa progression depuis les européennes 2024 (13,8 %) est réelle, mais elle reste conditionnée à un accord ou un retrait de Jean-Luc Mélenchon. Sans unité à gauche, les deux candidats se neutralisent mutuellement.

Gabriel Attal ou Édouard Philippe : qui est le mieux placé à droite du centre ?

Édouard Philippe devance encore Gabriel Attal dans la plupart des sondages (15-18 % contre 10-14 %), notamment grâce à son ancrage territorial et son expérience gouvernementale plus longue. Mais les deux hommes se cannibalisent sur le même électorat. Selon Elabe et Harris Interactive, l’un des deux devra probablement s’effacer pour que l’autre soit compétitif au second tour face à Bardella.

Les sondages présidentiels à 3 ans du scrutin sont-ils fiables ?

Ils mesurent des tendances, pas des résultats. En 2016, Emmanuel Macron n’apparaissait dans aucune hypothèse de sondage présidentiel — il a terminé 1er en 2017. Les intentions de vote à long terme reflètent surtout la notoriété et la popularité du moment. Une marge d’erreur de ±3 points s’applique, et la composition de la liste des candidats testés influence fortement les résultats.