Les prochaines élections municipales parisiennes s’annoncent serrées. Les sondages qui circulent depuis plusieurs mois dessinent un duel principal entre Emmanuel Grégoire, premier adjoint socialiste sortant, et Rachida Dati, ministre et figure de la droite parisienne — avec des écarts parfois inférieurs à la marge d’erreur. Autant dire que rien n’est joué.
Derrière ce face-à-face, d’autres candidats grattent des points dans les intentions de vote : Sophia Chikirou côté gauche radicale, Sarah Knafo pour le camp national, et Eric Bournazel qui tente de capter le centre. Voici ce que disent vraiment les chiffres.
Le duel Grégoire–Dati au premier tour
Qui arrive en tête des intentions de vote ?
Selon les dernières projections disponibles, Emmanuel Grégoire recueillerait entre 26 % et 30 % des intentions de vote au premier tour, devant Rachida Dati créditée de 22 % à 25 %. L’écart existe, mais reste fragile : quelques points dans un scrutin parisien peuvent basculer en quelques semaines selon l’actualité nationale.
Rachida Dati capitalise sur sa notoriété et son passage au gouvernement. Elle garde une base solide dans les arrondissements du centre et de l’ouest parisien, là où la droite classique résiste. Grégoire, lui, bénéficie de l’appareil socialiste et de la dynamique Hidalgo — qu’il incarne dans la continuité sans s’y confondre totalement.
Ce qui frappe dans ces sondages, c’est la volatilité. Une part significative des électeurs parisiens — autour de 20 % selon certains instituts — se déclare encore indécise à moins d’un an du scrutin. Ce réservoir de voix est le vrai enjeu de la campagne.
Les autres candidats : Chikirou, Knafo, Bournazel
Sophia Chikirou, figure de La France Insoumise, se positionne autour de 10 à 13 % dans les sondages. Elle incarne une gauche plus offensive sur le logement et la transition écologique, et pourrait attirer des électeurs déçus par la gestion Hidalgo sans pour autant rejoindre la droite. Son score au premier tour déterminera si la gauche peut se rassembler au second.
Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, capte entre 6 % et 9 % des intentions. Paris reste un terrain difficile pour l’extrême droite — Marine Le Pen n’y a jamais percé vraiment — mais Knafo vise une présence dans le débat plus qu’une victoire à court terme.
Eric Bournazel, élu du 17e arrondissement, tente de se construire un espace au centre-droit, autour de 7 à 10 % selon les sondages. Sa capacité à atteindre un score suffisant pour peser dans d’éventuelles négociations d’entre-deux-tours reste incertaine.
- Emmanuel Grégoire : 26–30 % (favori au premier tour)
- Rachida Dati : 22–25 % (solide sur sa base droite)
- Sophia Chikirou : 10–13 % (gauche radicale)
- Eric Bournazel : 7–10 % (centre-droit)
- Sarah Knafo : 6–9 % (droite nationale)
Ce que veulent vraiment les Parisiens
Au-delà des noms, les sondages mesurent aussi les priorités des électeurs. Et là, le message est clair : propreté, sécurité et logement dominent les préoccupations, loin devant les sujets climatiques qui avaient structuré la campagne de 2020.
La propreté de Paris arrive systématiquement dans le top 3 des insatisfactions. Les images de rues sales, relayées massivement sur les réseaux sociaux depuis les JO 2024, ont ancré ce sujet dans le débat municipal. Tous les candidats s’en emparent — y compris Grégoire, qui doit défendre un bilan jugé insuffisant sur ce point.
La sécurité est l’autre grand marqueur. Dati en a fait un axe central depuis son passage place Beauvau, et elle y gagne en crédibilité auprès d’une partie des électeurs du centre et de la droite modérée. Grégoire répond en mettant en avant la police municipale renforcée sous Hidalgo, avec des résultats mitigés selon les arrondissements.
- Propreté : première insatisfaction citée par les Parisiens (selon OpinionWay, 2024)
- Sécurité : deuxième sujet de préoccupation, en hausse depuis 2022
- Logement : troisième enjeu, notamment pour les moins de 40 ans
- Transports : quatrième priorité, avec la question du financement du pass Navigo
- Santé : sujet montant, lié aux déserts médicaux qui touchent désormais certains arrondissements parisiens
La santé, justement, mérite qu’on s’y arrête. Plusieurs quartiers de Paris — notamment dans le nord-est — peinent à recruter des médecins généralistes. Ce n’est plus un problème uniquement rural, et les candidats qui sauront proposer des solutions concrètes sur ce point pourraient surprendre dans les sondages d’ici le scrutin.
Un dernier chiffre à garder en tête : le taux de participation attendu. En 2020, seuls 41 % des électeurs parisiens s’étaient déplacés au premier tour, dans un contexte Covid exceptionnel. En 2026, une remobilisation est probable — ce qui pourrait changer la donne, notamment pour les candidats qui mobilisent mieux leur base que la moyenne.
Questions fréquentes
Quand auront lieu les élections municipales à Paris ?
Les prochaines élections municipales sont prévues en mars 2026 pour l’ensemble des communes françaises, y compris Paris. Le premier tour se tiendra le 15 mars 2026 et le second tour le 22 mars 2026, sauf modification législative d’ici là.
Comment fonctionne le vote pour les municipales à Paris ?
Paris dispose d’un système particulier : les électeurs votent par arrondissement pour élire des conseillers d’arrondissement et des conseillers de Paris. C’est ensuite le Conseil de Paris, composé de 163 membres, qui élit le maire de Paris en son sein. Le scrutin est proportionnel à deux tours avec prime majoritaire à la liste arrivée en tête.
Quelle différence entre Sophia Chikirou et Sarah Knafo dans ces sondages ?
Sophia Chikirou représente La France Insoumise et obtient entre 10 et 13 % des intentions de vote côté gauche radicale. Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, se situe à 6–9 % côté droite nationale. Les deux candidates occupent des espaces idéologiques opposés et ne visent pas les mêmes réservoirs d’électeurs.
Eric Bournazel peut-il peser sur le résultat final ?
Avec 7 à 10 % dans les sondages actuels, Eric Bournazel dispose d’une marge de manœuvre limitée mais réelle. Son poids dépendra surtout de ce qu’il choisit de faire entre les deux tours : un report de voix vers Dati ou Grégoire pourrait s’avérer décisif dans un scrutin aussi serré.
La propreté est-elle vraiment le premier sujet pour les électeurs parisiens ?
Oui, selon plusieurs sondages récents dont une enquête OpinionWay de 2024, la propreté figure en tête des insatisfactions des Parisiens. Le sujet a pris de l’ampleur après les Jeux Olympiques 2024, qui ont mis en évidence le contraste entre les efforts ponctuels de nettoyage et l’état habituel de certains quartiers.